amazonie

La transamazonienne

Moins d’arbres, plus d’asphalte. C’est un peu le constat que je me fais au terme d’une quarantaine d’heures passées sur la transamazonienne, 10 ans après avoir effectué le même trajet. Autour de cette piste mythique, l’espace forestier a laissé la place à d’immenses pâturages où paissent tranquillement des bovins en semi-liberté. La forêt qui borde cette route n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut ; à peine une chimère sur l’horizon. Mêmes les scieries semblent tourner au ralenti, tout comme ces camions qui autrefois transportaient d’immenses arbres vers les marchands de bois mais qui semblent aujourd’hui se reconvertir dans le BTP ou le transport de bovins…

La piste rouge-sang, scandaleusement ouverte au temps de la dictature, est aujourd’hui assez largement recouverte par une croûte d’asphalte plutôt bien entretenue. Ce qui reste de la piste en latérite ne survivra probablement pas aux 10 prochaines années… Car à mesure où la forêt disparaît, qu’elle s’anthropise, c’est tout un front pionnier qui s’urbanise à une vitesse ahurissante. Les paysages qu’offrent la transamazonienne ne se distinguent plus vraiment des paysages banals du Brésil productiviste, celui que les géographes décrivent comme « la ferme du monde ». Les petits bourgs pittoresques peuplés de cow-boys et de carrioles sont devenus des petites villes qui pullulent de 4×4 flambants neufs.

 

Altamira, à peu près à mi-distance de Santarém et Marabá, est l’exemple le plus éloquent  de cette profonde mutation. C’est aussi ici que s’invente le futur de l’Amazonie… Un avenir bien loin de la lutte des seringueiros de  Chico Mendès et des belles promesses du sommet de la Terre de Rio de Janeiro (1992). Il y a encore quelques années, Altamira n’était pourtant qu’une bourgade sans intérêt perdue au milieu d’une forêt en train de […]

Alter do chão

Alter do chão est une petite station balnéaire sur le rio Tapajos. Un bel endroit, avec de belles plages fluviales, une eau douce et claire, quelques cocotiers et même une petite communauté fort sympathique réputé pour son ayahuasca ….

 

Macapá-Santarem

36 heures de bateau en « classe hamac »  c’est autant de temps pour admirer le paysage, dormir, lire un bon gros pavais , bouffer, papoter et, pour les plus courageux d’entre nous, affronter l’horrible brega qui vient cingler les oreilles des aficionados du petit bar du pont supérieur.

De Cayenne à Saint-Georges de l’Oyapock

On a voulu faire les malins : retourner au Brésil en passant par la Guyane Française… Outre le fait d’avoir perdu quelques semaines d’espérance de vie à force d’apéros et de chouilles en tout genre, nos ordinateurs ont découvert l’humidité de l’Amazonie. Ils sont morts d’une fièvre mystérieuse tel les premiers colons au temps des Grandes Découvertes… C’est donc le cœur gros, allégé du poids en euros de deux ordinateurs, qu’on a franchi sans s’attarder la frontière méconnue qui sépare la France du Brésil.

 

C’est une drôle de frontière qui sépare ces deux bouts du monde qui se ressemblent beaucoup et font bien des efforts pour ne pas s’accorder… A bien y regarder, les relations de la Guyane et du Brésil sont à l’image de cette frontière : On a érigé un pont sur l’Oiapoque depuis des années (2011!) pour relier ces deux territoires et pourtant, on continue à ne rien en faire. Tous les échanges continuent à ce faire par bateau, comme si la France voulait garder un monopole exclusif sur son (ancienne) colonie, réduisant ainsi les échanges avec son grand voisin à des formes de commerce plus ou moins clandestines… La Guyane craint l’ogre Brésilien car elle sait très bien qu’elle n’est qu’un confetti anachronique qui vit à l’ombre de la super-puissance régionale. Quand l’extrême-occident rencontre le Sud conquérant…

Protected by Copyscape Online Copyright Search